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TERREP : la ressource eau

Lancé en 2015 par Vizea, le TERritoire à REssources Positives (TERREP) est un territoire qui vise une autonomie de ressources et déchets pour autoriser le développement humain sans consommer la planète. Cet article, premier d’une série sur les conséquences de la démarche TERREP sur les différentes ressources, aborde l’eau : sa rareté, son impérieuse nécessité et la manière dont chaque maillon de la Ville Durable doit l’économiser, la valoriser et la récupérer.

Quelques constats sur l’eau

La France reçoit chaque année 440 milliards de m3 d’eau sous forme de pluie, de neige, ... Premier constat donc : l’eau est plutôt abondante en France mais l’intermittence des précipitations fait s’alterner les périodes de surproductions (et son lot d’inondations) et les périodes de sous-production (sécheresses).
Sur les 33,4 milliards de m3 d'eau prélevés en France métropolitaine en 2009, 5,5 milliards de m3 (soit 17% du total prélevé) ont été consacrés à la distribution d'eau potable soit une consommation moyenne par Français de 150 litres par jour.

Il est intéressant de regarder comment chacun d’entre nous consomme cette eau rendue potable pour que nous puissions la boire:

  • 1 % est effectivement consacrée à cet usage et même 7 % en intégrant la préparation des aliments (cuisson, lavage…)
  • Le reste (93%) est utilisé pour l’hygiène corporelle, la chasse d’eau des WC, et diverses tâches ménagères.

Répartition de l’utilisation domestique de l’eau potable

La sobriété et l’efficacité aux différentes échelles

A l’échelle des réseaux

En France, un quart de l’eau mise en distribution n’arrive pas à l’usager du fait des fuites importantes tout au long des 850 000 km de canalisations du réseau français.
La Ville Durable peut elle se permettre de gaspiller ainsi près d’un litre sur quatre ? Le TERREP fait il sens si malgré ses propres efforts d’autonomie, l’eau est ainsi gaspillée avant même d’être disponible sur son territoire ? A l’évidence non !

C’est pourquoi le Grenelle de l’environnement a fixé l’obligation pour les services de distribution de l’eau de suivre et limiter ces pertes. L’ONERA a formalisé un guide pour l’élaboration de plans d’actions de réduction de ces fuites pour améliorer la connaissance du réseau et des pertes, mettre en place une politique de recherche active des fuites et de réparation, rénover les réseaux … Reste maintenant aux opérateurs et aux collectivités à s’emparer de ce guide. Sa prise en compte est, à l’évidence, un pré-requis du TERREP.

Lorsqu’il en existe, les réseaux d’eau non potable doivent être utilisés, sinon dans les bâtiments, du moins dans l’espace public ou dans les parties communes. C’est le cas par exemple à Paris qui a su conserver au 18ième siècle son de fontaines publiques pour en faire le plus grand réseau d’eau non potable de France.. La ville s’en sert actuellement essentiellement pour le nettoyage des rues mais parfois pour climatiser certains bâtiments (hôtel de ville par exemple).

Malheureusement, l’exemple parisien n’est pas courant (sauf dans le sud de la France où le cas est fréquent) et il ne serait économiquement pas rentable de le reproduire puisque l’essentiel du coût d’approvisionnement en eau potable est lié au réseau. Les gains engendrés sur la non potabilisation d’une partie de l’eau ne permettrait pas de doubler le réseau français. La démarche mérite cependant d’être reproduite, à plus petite échelle (ZAC ou parcelle), pour combiner récupération de l’eau de pluie et l’utilisation raisonnée de l’eau potable.

A l’échelle des aménagements extérieurs

Si les principes édictés pour les réseaux (suivre, limiter, anticiper les fuites) s’étendent sans souci à l’échelle de l’aménagement urbain ou de la parcelle, la principale fonction consommatrice d’eau à cette échelle reste les éléments paysagers.

Alors qu’un jardin de pleine terre bien conçu (ou avec un volume de terre adapté aux plantes choisies), au-delà des premières années, finit par être plus ou moins autonome sous réserve que l’usager accepte le jaunissement ponctuel, il subsiste des aménagements paysagers particulièrement sensible du point de vue de la ressource eau :

  • La pelouse (et par extension le jardin d’apparat) qui consomme à elle seule 4 litres au m². Cela peut sembler peu mais cette quantité finit par représenter au bout de 15 jours pour 500 m² près de 30 m3 d’eau soit l’équivalent:
  • de 50 jours de consommation en eau d’une famille pour tous ses besoins,
  • de plus de 13 ans pour ses seuls besoins liés à la boisson.
  • La végétalisation des façades (et par extension la nature en ville sans penser l’épaisseur des substrats en conséquence).

Trop souvent, la « Nature en ville » se fait alors au moyen d’une instrumentation tantôt technique, tantôt énergivore qui apparait hors contexte dans le cadre de la ville durable : la nature en ville doit être accompagnée et entretenue mais ne doit pas se faire au détriment de ressources naturelles comme l’eau ou l’énergie.
Le TERREP doit penser l’opération et l’image qu’elle reflète dans la durée. Il ne s’agit pas que de produire une esquisse ou de construire un projet dont 10 ans plus tard (et parfois moins) la végétation serait en piteux état. Ce sont ainsi 3 objectifs complémentaires qui doivent s’inscrire dans l’ADN végétal du TERREP

  • S’adapter aux micros climats par le choix de végétaux adaptés à l’épaisseur de terre, aux orientations et aux masques solaires ;
  • Rechercher l’autonomie en eau toute l’année en stockant l’eau de pluie et en veillant à l’adéquation entre le volume de stockage, les modèles climatologiques (pluie, sécheresse, …) et les végétaux retenus. .
  • Elaborer un système d’arrosage « naturel » s’inspirant du relief et apportant l’eau aux plantes de manière gravitaire et économe.

Une des propositions que nous avions retenues pour le site Paris Rive Gauche avec nos partenaires M / FR et l’agence FORR sur Réinventer Paris était de limiter les végétaux en façade en fonction de leur consommation, des orientations et du volume que nous pouvions retenir en toiture. L’objectif était, pour ces arbres en jardinière, de se débrouiller avec la pluie et l’arrosage gravitaire que nous pouvions apporter à partir des réservoirs en toiture via des « pailles » judicieusement intégrées à l’architecture retenue.

 

« A l’instar de la nature, notre trame végétale doit s’abreuver d’eau pluviale et ne pas dépendre d’eau potable. Pour cela, l’eau de pluie des  étages supérieurs est collectée (unitairement ou collectivement) pour fournir à chaque plante l’eau dont elle a besoin lors des périodes sèches.
Une analyse précise des besoins de chaque végétal a permis, à partir des données météorologiques standards et critiques (anticipation des  conséquences du changement climatique) de dimensionner au plus juste chaque cuve de récupération pour stocker, en période humide, suffisamment d’eau et alimenter progressivement chaque plante en fonction de ses besoins tout au long des périodes de sécheresse.En amont, le schéma hydraulique des toitures a été étudié pour que chaque cuve reçoive la quantité nécessaire d’eau permettant de garantir qu’elle ne tombe jamais  à sec .Reproduisant localement les barrages de la nature, notre projet dissimule ainsi dans les toitures les bassins qui alimenteront notre façade végétale. » - Extrait note de présentation du projet

Sur ce projet, la réelle complexité était, une fois le principe posé, d’identifier les besoins de chaque plante et de dimensionner au plus juste chaque cuve de récupération pour stocker, en période humide, suffisamment d’eau et alimenter progressivement chaque plante en fonction de ses besoins tout au long des périodes de sécheresse. Ces modélisations permettaient avec une cuve de 80 m3 d’assurer l’autonomie en eau de l’ensemble des végétaux. Corolaire intéressant, l’installation limitait le rejet au réseau d’eau pluviale à, au pire 14 litres sur une journée et en tout à peine 45 litres sur l’année. Hormis réglementairement(1), les bassins de rétention devenaient quasiment inutiles sur le projet.

Pour éviter les systèmes techniques fragiles et/ou énergivores, le concept hydraulique devait être uniquement gravitaire. L’idée était que chaque  jardinière possède un mini réservoir situé sous la terre restituant par capillarité l’eau aux plantes. Un diffuseur,  initialement mis au point pour les climats semi désertique nécessitant de collecter et de stocker de l’eau en  abondance lors d’orage intenses et brefs, avait été détourné pour s’adapter aux contraintes du climat parisien actuel  et futur. L’eau circulait par les « pailles » du projet, passant des bassins de toitures (barrage) jusqu’au mini  –réservoir. Lorsque le réservoir était plein, la pression et un flotteur arrêtaient le débit jusqu’à ce que les plantes  consomment l’eau.

  1.  La réglementation impose en effet de distinguer les bassins de rétention (dont l’objectif est de se vider) des bassins de stockage (dont l’objectif est de se remplir). Dans le cas de ce projet, la cuve de 80 m3 de stockage n’aurait pas empêché la construction d’un bassin de rétention de 40 m3 … pour retenir 45 litres par an

 A l’échelle des bâtiments

A l’échelle du bâtiment, la réduction de la consommation d’eau présente un double avantage : d’une part une baisse de la facture d’eau elle-même, mais aussi une baisse non négligeable de la consommation d’énergie pour la production d’eau chaude. Pour ces raisons, mais aussi pour épargner la ressource eau, le TERREP doit imposer des produits qui limitent les besoins en eau pour une même activité :

  • Des mitigeurs voire des robinets thermostatiques équipés de mousseurs,
  • Des douchettes « venturi » voire à pulsation qui permettent d’obtenir un débit compris entre 6 et 9 l/min ce qui engendre des économies d’eau et d’énergie (de l’ordre de 30 à 50 %)
  • Des cuvettes WC double chasse 3/6 litres ;
  • Des appareils sanitaires avec un classement ECAU (les lavabos, bidets, éviers et douches avec un débit E < 16 l/min et les baignoires avec un débit E < 25 l/min) ;
  • Une limitation de pression dans le réseau à 3 bars.

Vizea mène depuis plusieurs années un programme de recherche sur l’impact des systèmes hydro économes sur la préservation de la ressource eau. Ces travaux ont permis de quantifier les écarts entre un projet « classique » et les projets compatibles du TERREP.

Ainsi, sans demander aux usagers des efforts particuliers (hormis renoncer à laver leurs voitures mais le TERREP s’inscrivant dans la ville des courtes distances…), il est possible de diviser quasiment par deux sa consommation journalière !


Il est encore possible d’aller plus loin en récupérant et en réutilisant les eaux pluviales :

  • d’une part pour alimenter les chasses d’eau. Ce dispositif, déjà mis en place sur de nombreuses opérations, permet une réelle économie d’eau potable et est tout à fait autorisé (hormis dans les établissements de petite enfance),
  • d’autre part pour des usages communs, via des points de puisage judicieusement placés, pour le nettoyage des parties communes, le lavage des outils et vélos, ou encore l’arrosage résiduel des espaces extérieurs, et même pour les lave-linges ou les lave-vaisselles qui ne nécessitent pas d’eau potable.

Note : Le temps de retour sur investissement d’une récupération de l’eau de pluie pour les toilettes est de l’ordre de 7 ans  (en intégrant le stockage, le double réseau d’eau …).Le surcout et la complexité supposée des réglementations est souvent pour le promoteur le moyen d’éviter de changer ses méthodes.

Le recyclage de l’eau usée et la valorisation de la ressource

En circuit fermé

La récupération de l’eau a déjà été évoquée mais il est possible d’aller plus loin encore car la même eau peut servir plusieurs fois à des usages différents, voire au même usage. Certaines industries recyclent déjà leurs eaux qui circulent en circuit fermé.

Le recyclage des eaux domestiques est aussi possible : les Japonais, par exemple, ont développé dans les régions où l'eau est rare une technique de recyclage où l'eau liée aux salles de bains est récoltée dans des citernes, traiter grossièrement et renvoyer dans l'immeuble pour alimenter les chasses d’eau. Il est vrai que ce pays est très en avance sur le sujet : du pommeau de douche, qui mélange de l’air à l’eau pour en utiliser moins jusqu’à l’eau du bain réutilisée pour la lessive en passant par le moins sophistiqué mais très célèbre lavabo-chasse d’eau totalement démocratisé au japon (l’eau usée pour se laver les mains va dans le réservoir de la chasse d’eau directement) sont un aperçu des techniques utilisées pour limiter la consommation et valoriser ce que nous préférons généralement remettre au réseau sans y réfléchir. Le TERREP doit s’inspirer de ces exemples dans toutes ses composantes.

Comme réserve de calories

En matière d’efficacité énergétique, il est logique de réduire d’abord les besoins en utilisant mieux l’énergie pour ensuite produire l’énergie requise le mieux possible. Le chauffage de l’eau à des fins sanitaires (ECS) est souvent la seconde dépense énergétique en importance et, même avec les efforts récents sur l’enveloppe limitant les besoins en chauffage, parfois la première !

Or, après avoir été chauffée à 55°C puis utilisée, cette eau chaude est ensuite rejetée au réseau à une température moyenne de 30°C. Une grande quantité d’énergie se retrouve ainsi à l’égout.
LE TERREP ne peut se contenter de « voir passer les calories » sans chercher à les récupérer. De nombreux systèmes existent, la plupart avec d’excellents temps de retour sur investissement, permettant

  • soit en évitant de consommer : c’est le cas, par exemple, des systèmes « passifs » de type powerpipe qui récupèrent par conduction la chaleur des eaux usées pour préchauffer l’eau froide. Ces systèmes sont particulièrement adaptés lorsque l’usage suppose de nombreuses douches en même temps (résidence étudiante, piscine, gymnase….),
  • Soit en récupérant la chaleur avec des pompes à chaleur qui viennent, de manière active, récupérer la chaleur sur les eaux usées pour produire de l’eau chaude sanitaire voire une partie du chauffage. A titre d’exemple, le synoptique ci-dessous présente le fonctionnement du système biofluide que nous commençons à mettre en œuvre sur certains de nos projets.

 

Cet article ne vise pas l’exhaustivité mais montre que le TERREP peut et doit penser l’eau comme une ressource finie : La sobriété permet de limiter drastiquement nos besoins en eau, l’efficacité permet de n’utiliser l’eau potable que pour les besoins qui le nécessitent (limitant les coûts et l’usage de produits chimique ou de techniques énergivores), la récupération de l’eau de pluie  devrait être obligatoire tant ses vertus sont nombreuses … Même une fois utilisée, cette eau consommée peut et doit nous servir  en cycle court pour la réutiliser soit pour des besoins moins nobles, soit pour en tirer le maximum de calories avant de la rejeter.

En complément, comment parler d’eau sans évoquer, même brièvement, la gestion des eaux pluviales ? Le TERREP doit être responsable par rapport aux risques d’inondations. La récupération de l’eau de pluie ou la rétention temporaire limite la saturation des réseaux lors d’orages alors que l’infiltration in situ permet d’envisager le zéro rejet d’eau pluviale. C’est là un autre sujet qui fera bientôt l’objet d’un prochain article.

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Atelier Ville Durable: Le nouveau site est en ligne !

Atelier Ville Durable (AVD) est un collectif de spécialistes de différents domaines ayant appris à travailler ensemble autour des questions de la ville durable, intelligente et citoyenne.

Les membres du groupement sont : Acoustique et Conseil, ATM, Dm Compost, Vizea, Le Sens Urbain, OGE , Trame, Topager.

La synergie d’AVD consiste à trouver un langage commun d’interprétation des analyses des divers spécialistes pour en extraire une synthèse globale et non plus spécialité par spécialité. C’est bien cette synthèse de nos expertises qui est la valeur ajoutée d’AVD.

Les analyses des différentes spécialités peuvent s’exprimer de manière cartographique, chacun utilisant ses propres critères, son langage et pouvant interpréter ses propres cartes. Cette synthèse élaborée par un travail collectif n’empêche pas par ailleurs chaque spécialiste d’élaborer son étude et ses conclusions de manière indépendante comme il en a l’habitude.

Le nouveau site d’Atelier Ville Durable est en ligne : ici

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Label E+ C- : lancement pilote en Auvergne-Rhône-Alpes !

 

Vizea a participé ce vendredi 10 mars à la conférence « Expérimentation et nouveau dispositif régional » au salon BePositive de Lyon sur le nouveau label E+ C-.

Préfigurant la future réglementation, le label Energie-Carbone (E+C-) a vu le jour en fin d’année 2016. En vue de l’élaboration de la prochaine réglementation environnementale prévue pour 2018-2020 et en associant Maitrise d’Ouvrage et concepteurs, l’objectif de cette démarche est d’expérimenter sur le terrain ce nouveau référentiel et d’identifier tous les points d’amélioration possibles.

 

Pour ce faire, l'ADEME met en place en 2017 un accompagnement à la réalisation d'études d'évaluation des impacts environnementaux des bâtiments neufs et de suivi des consommations énergétiques. Ces dispositifs permettront ainsi de capitaliser les retours d’expériences sur la base de projets exemplaires respectant le référentiel « Énergie - Carbone » partout en France.

La démarche nationale du Label E+C- est désormais déclinée à l’échelle régionale. Le nouveau dispositif d’accompagnement a été officiellement lancé en Auvergne Rhône Alpes le 17 février à travers un nouvel appel à projet « Bâtiments neufs Energie Carbone ».

« OBJECTIF : retenir 20 projets pilotes (projets en fin de travaux, projets en phase "conception") et leurs équipes (maître d’ouvrage / BE) pour leur permettre de :

  • Bénéficier d'un soutien financier pour tester et appliquer le nouveau référentiel "Energie Carbone",
  • Profiter d'un accompagnement pour monter en compétence sur ce sujet en émergence,
  • Partager et échanger avec les 19 autres équipes pilotes. »

En effet, cette future réglementation envisagera :

  • Une approche multicritères basées notamment sur l’analyse de cycle de vie (ACV). C’est principalement sur ce nouvel enjeu que portera l’expérimentation.
  • Une approche de consommation énergétique globale, incluant l’électricité spécifique dans le bilan BEPOS.

Pour en savoir plus sur l’appel à projet lancé par la Direction Régionale de l’ADEME Auvergne-Rhône-Alpes et la DREAL


Pour des détails sur le label

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Bientôt une ferme en permaculture dans mon quartier ?

L’urbanisation des espaces agricoles a repoussé les fermes loin des centres-villes, la densification des espaces urbanisés engendre aujourd’hui de nombreuses problématiques : pourquoi ne pas faire respirer nos territoires et implanter une ferme en permaculture au sein de nos projets d’aménagement ?

Qu’est-ce que la permaculture ?

La permaculture est une approche pragmatique, inspirée par l'écologie scientifique, imaginée dans les années 1970. Elle est conçue pour permettre aux individus et aux communautés qu'ils constituent de repenser la relation des sociétés à leurs environnements, mise en danger par une conception du développement fondée sur l'exploitation minière des ressources naturelles (énergies fossiles, minéraux, eau, biodiversité, etc.).

De façon très simplifiée, l'objectif de la permaculture est de créer des écosystèmes naturels, s'appuyant sur les interactions de leurs différentes composantes pour en optimiser l'autonomie et garantir la qualité de vie des humains qui en sont parties prenantes. Le design, l'aménagement et le pilotage de cet "écosystème permaculturel" sont le fruit d'une vision globale du site, de son fonctionnement et de sa dynamique, en accord avec les aspirations sociales, écologiques et économiques de ceux qui y participent.

FIGURE 2 : FERME DU BEC HELLOUIN

 

La permaculture est donc une démarche agricole ancrée dans un lieu, un contexte et avec des acteurs qui lui sont propre. Il n’existe pas d’expérience de permaculture en tout point reproductible.

La ferme du bec Hellouin : un exemple documenté

Le cas le plus souvent cité dans les exploitations en permaculture est celui de la ferme du bec Hellouin. Cette ferme, qui sert par ailleurs d’école de permaculture, a été suivie pendant plus de 3 ans par des chercheurs de l’INRA-AgroParisTech afin d’en comprendre, d’en optimiser et de documenter l’équilibre économique de la structure.

Située en Normandie, la ferme du bec Hellouin a été créée en tant qu’exploitation permaculturelle en 2007 par un couple en reconversion professionnelle. Le site choisi ne possédait pas d’atouts particuliers pour l’agriculture : la qualité du sol était plutôt mauvaise et la situation géographique n’est pas non plus particulièrement favorable.

FIGURE 3 : PLAN D’ORGANISATION DE LA FERME DU BEC HELLOUIN

L’étude de l’INRA portait uniquement sur une partie des surfaces exploitées. Au total, la ferme exploite 4000 à 7000 m² de terre pour des cultures maraichères, et l’étude s’est focalisée sur 1000 m² (les parcelles les plus reproductibles sur d’autres exploitations). Les conclusions présentées sont donc un premier pas pour définir un cadre, mais il faut garder à l’esprit que chaque projet de permaculture est différent.

Les principaux enseignements sont les suivants :

  • Il faut environ 1,6 heures de travail par an pour cultiver intensément 1 mètre carré de butte permanente.
  • Chaque mètre carré peut produire une valeur d’environ 55 €, dans un contexte similaire au Bec Hellouin
  • Chaque heure de travail dans les jardins produit donc un chiffre d’affaire d’environ 34 €.
  • En ajoutant aux heures travaillées dans les jardins 50 % de temps supplémentaire pour les autres tâches, chaque heure travaillée génère un chiffre d’affaire d’environ 23 €.
  • Le coût de l’ensemble des outils ayant servi à réaliser cette production (serres, irrigation, outils divers) est d’environ 22 000 €.
  • Une personne peut exploiter efficacement une surface comprise entre 500 et 1000 mètres carrés.

La permaculture reste encore une démarche agricole à contre-courant du schéma classique de l’agriculture intensive, orientée sur la monoculture et le recours aux engrais, pesticides et autres produits chimiques.

La démarche d’une ferme en permaculture est singulière. Elle demande de concevoir autrement le rapport entre l’agriculteur et son exploitation : la surface exploitée est nettement réduite, mais la diversité des cultures y est très importante (en moyenne 76 types de produits cultivés chaque année à la ferme du bec Hellouin), tout comme l’intensité des plantations afin d’optimiser au plus justes les parcelles exploitées.

La saisonnalité de la production, donc de la charge de travail et des revenus est importante, et nécessite une gestion anticipée de l’exploitation.

Quelles conditions pour une ferme en permaculture dans un projet d’aménagement ?

Plusieurs facteurs entrent en considération pour optimiser la réussite d’une ferme en permaculture :

  • Recréer des écosystèmes spécifiques du terroir,
  • Avoir une conception et une organisation de l’exploitation permettant de tirer profit des synergies, des interactions et des apports des abords de la ferme,
  • Echanger avec les exploitants de parcelle en permaculture dans un périmètre proche pour recueillir leur expérience,
  • Diversifier les débouchés (vente directe à la ferme, paniers de légumes, AMAP, restaurateurs …),
  • La capacité à constituer un sol de qualité.

Une microferme permaculturelle d’un hectare peut donc fournir des légumes, mais aussi bien d’autres produits agricoles, et donner du travail à une personne tout en constituant un véritable agroécosystème diversifié, produisant lui-même la biomasse nécessaire au maintien de la fertilité de la parcelle maraîchère. Le milieu  devient autofertile et donc plus résilient. Et plus le temps passe, plus il gagne en autonomie.

Une ferme en permaculture : une multitude de bénéfices

Une ferme en permaculture permet de répondre à plusieurs enjeux au centre de nos projets d’aménagement :

  • Patrimoine et paysage : Réserver une emprise foncière pour une ferme en permaculture permet d’apporter un véritable paysage au cœur de la ville. Les différents espaces de culture sont autant de paysages : mandala, potager, serres, verger, mare …
  • Gestion de l’eau : Une des clés de l’agriculture est la ressource en eau, dont la gestion est très contrainte dans les zones urbanisées. Une surface agricole permet de limiter l’imperméabilisation des sols et de pouvoir réutiliser les eaux de pluies captées à proximité sans avoir à les diriger vers les réseaux.
  • Biodiversité et nature en ville : La diversité des plantes est fondamentale dans le fonctionnement d’une ferme en permaculture. Un tel espace est source d’une biodiversité très importante pour le bon fonctionnement de l’ensemble de la ferme. L’absence de produits chimiques permet de pérenniser cette biodiversité.
  • Climat et ilot de chaleur urbain : Une ferme en permaculture implique forcément une zone non construite sur une emprise relativement importante. La présence d’eau, de végétaux et l’absence de construction, permet de créer un ilot de fraicheur, limitant ainsi le phénomène d’ilot de chaleur urbain.
  • Gestion des déchets : La permaculture n’utilisant pas de produits chimiques, elle utilise le compost. Celui-ci peut être issu d’un périmètre plus large que la ferme, comme par exemple dans le cas d’un compostage des déchets verts de la ville ou d’une récupération de la part fermentescible des ordures ménagères des habitants.
  • Lien social : Une ferme permaculturelle, de par son modèle, est également un lieu de rencontre. L’intérêt pédagogique (autant pour les enfants que pour les adultes) d’un tel projet permet de créer un lien entre la ferme et les habitants.
  • Economie sociale et solidaire : Dans une logique de circuit court et de diversification des débouchés, une ferme en permaculture est de fait un acteur de l’économie sociale et solidaire : AMAP, vente directe aux particuliers, vente à des restaurateurs du territoire

Bref, la liste est longue.

Une ferme permaculturelle dans votre quartier, ça donnerait quoi ?

Vente en directe à la ferme

Une autre approche de l’agriculture

Une portée pédagogique pour les enfants …

… et pour les adultes

Parcelles densément cultivées

Une grande variété de plantes

Des dispositifs spécifiques à chaque site

Une place pour les rencontres

Une faune variée retrouve sa place

La permaculture n’attend plus que vous et un petit bout de terrain !

Aller plus loin :
http://asso.permaculture.fr/
http://permaculturefrance.org/
http://www.fermedubec.com/ferme.aspx
http://www.fermedubec.com/inra/Rapport-%C3%A9tude-2011-2015-Bec-Hellouin_30112015-2.pdf

 

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Une nouvelle aide pour l’acquisition d’un vélo à assistance électrique

Le code de l’énergie vient d’évoluer ce samedi 18 Février 2017 avec la parution au Journal Officiel du Décret n° 2017-196 du 16 février 2017 relatif aux aides à l'achat ou à la location des véhicules peu polluants intégrant une nouvelle aide pour l’acquisition d’un vélo à assitance électrique.

Cette nouvelle aide apportée par l’état pour l’acquisition d’un vélo à assistance électrique (VAE) [1] neuf et qui n’utilise pas une batterie au plomb correspond à 20% du montant d’achat toutes taxes comprises dans la limite de 200 euros.

Cette aide est assez intéressante puisqu’un VAE coûte entre 500 € en bas de gamme et 2500 € pour un produit de bonne qualité. Elle peut donc facilement compléter un investissement mais sera-t-elle suffisamment élevée pour motiver le passage à l’acte ? A Paris l’aide proposée par la collectivité est de 33% avec un maximum de 400 euros et s’applique aussi aux triporteurs et vélo cargo. A Lyon, c’est 25% du montant avec un maximum de 200 euros.

La nouvelle aide de l’état reste donc à un niveau faible au regard des financements octroyés actuellement par les collectivités.

VAE VIZEA

Cette aide concerne les personnes physiques, services de l’état mais aussi les personnes morales ouvrant ainsi la porte au financement de flottes de vélo électriques dans les entreprises. Elle ne peut être attribuée qu’une fois par personne physique. Elle n’est hélas pas cumulable avec une aide financière d’une collectivité comme Paris ou Lyon.

L’aide financière pour les vélos à assistance électrique est-elle justifiée et cohérente de l’évolution nécessaire de nos modes de déplacement ?

On pourrait être tenté de remarquer que le vélo classique et les bonnes chaussures de marche ne sont pas subventionnés. D’un point de vue environnemental, le VAE apporte néanmoins plusieurs intérêts car il permet :

  • d’allonger les distances parcourues par les usagers en vélo,
  • de renforcer l’utilisation du vélo par des personnes plus âgées,
  • de démocratiser le vélo dans des villes ou la topographie pénalise son usage. Vizea réalise actuellement le schéma cyclable de Dieppe où la topographie est sans doute l’ennemi numéro un des cyclistes.

La proposition de la ville de Paris d’élargir leurs financements aux triporteurs et vélo cargo est une proposition complémentaire favorable aux mobilités douces qui aurait pu être mise en place dans cette nouvelle aide. Avec l’avènement de l’indemnité kilométrique vélo en 2016, cette nouvelle aide vient néanmoins renforcer les opportunités de déplacements cyclables du trajet-travail.

La publication du décrêt vient d’être salué ce soir par sept associations nationales dans un communiqué commun : La Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), Réseau Action Climat, France Nature Environnement, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, FNAUT, WWF et l’Association Respire.

Attention cette nouvelle aide n’est pour le moment applicable que si vous achetez votre vélo à assistance électrique avant le 31 janvier 2018. Alors n’hésitez plus en 2017, reléguez votre voiture et passez au vélo à assistance électrique (à défaut d’une aide au vélo standard). Si vous êtes une entreprise profitez de l’ouverture aux personnes morales pour combler vos salariés.

 

[1] Vélo à assistance électrique ou plus exactement cycle à pédalage assisté : cycle équipé d'un moteur auxiliaire électrique d'une puissance nominale continue maximale de 0,25 kilowatt, dont l'alimentation est réduite progressivement et finalement interrompue lorsque le véhicule atteint une vitesse de 25 km/ h, ou plus tôt si le cycliste arrête de pédaler.

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